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Les monstres contemporains

March 5, 2018

 

 

Au-delà du débat végétariens/pas végétariens ou même vegans / pas vegans, ces images là m'ont ruiné le moral malgré les bribes d'espoirs...

 

Et au-delà de la souffrance de ces animaux (ce qui est déjà une vraie problématique éthique et philosophique en soi !), je m'interroge vraiment sur cette société capable d'engendrer ce mode de production et de consommation, avec les conséquences dramatiques que cela implique pour la santé et la planète...

Dans cette émission, n'est pas fait, en plus, mention des déchets de ces "fermes" et de leurs couteux traitements, des conséquences sociales (peu d'emplois et des emplois peu qualifiés, délocalisables facilement et si peu gratifiants), des coûts de santé publique pour les consommateurs comme pour les personnes qui travaillent dans ces endroits (je ne peux même pas les appeler des fermes !), ni des conséquences géopolitiques (migrations de la faim, appauvrissement des ressources des pays en voie de développement, concurrence commerciale sans merci, productivisme au-delà du respect des droits de l'Homme dans certains pays peu regardant), sans compter ces pauvres bêtes vouées à une vie d'horreur, etc etc. Voir ces porcs parqués, blessés physiquement et probablement psychologiquement (car oui, le porc est un animal sensible et doué d'une grande intelligence) est insoutenable...

Les yeux piquent un peu lors de cette émission...

 

Je ne suis pas végétarienne, j'ai une consommation de viande très raisonnée, parce que j'ai appris, dans la ferme de mon enfance, qu'on élevait et tuait ce dont on avait besoin, pas plus, et dans le respect de l'animal. On ne mangeait pas de la viande tous les jours et j'ai bien grandi quand même ! Il y avait des lapins, de la volaille, des porcs et tout ce beau monde vivait en liberté, en plein air et, devinez quoi ? De ce fait, ils n'ont jamais vu un antibiotique de leur vie contrairement aux animaux de batteries. Les poulets étaient élevés en 6 mois minimum (on est à 5 semaines dans les élevages industriels...). 

Personne n'aimait vraiment le moment de la mise à mort, parce qu'on aimait nos animaux. Moi, j'ai renoncé à l'élevage, je n'arrive pas à tuer... C'est assez lâche de manger de la viande et en laissant aux autres la sale besogne...

Les poules, chez moi, meurent donc de leur bonne mort comme on dit, et tant pis si elles ne produisent plus d'oeufs et mangent quand même du grain ! Le comble du non productivisme et de la perte de rentabilité qui ferait bondir les fermes usines !!!

En revanche, elles guident les jeunes poules vers le poulailler le soir quand la nuit tombe, ce qui m'évite de leur courir après... Et pour ce service rendu, elles méritent bien ce système de retraite par répartition de grains de blé ;)

 

Bien sûr, individuellement, on se sent écrasé et happé par cette course au gigantisme et à l'argent. Souvent, dans des petits moments de découragement (sisi, il y en a de temps en temps !!), je me demande pourquoi, moi, je m'évertue à tout mettre en oeuvre pour préserver ma terre qui est mon outil de travail, la santé de mes clients, la qualité des saveurs, la biodiversité, l'eau, les écosystèmes, les animaux qui vont à leur rythme... Face à de tels monstres, je me sens bien impuissante ! Même si je sais que j'ai RAISON !

 

Quand je vois les caddys de familles dans les supermarchés, parce que moi aussi, j'ai mes petits paradoxes, et je vais parfois dans ces magasins (pas encore d'huile d'olive, de sucre et de café à la ferme !!!), je me dis que tout le monde ne voudra ou ne pourra pas faire d'autres choix. Parce que financièrement c'est compliqué : les premiers prix des grandes surfaces défient toute concurrence et des foyers ne peuvent faire autrement. Ironie de la chose : ces produits sont souvent les plus mauvais nutritionnellement et fragilisent donc la santé de familles précaires qui n'ont que peu de moyens à consacrer aux dépenses de santé de moins en moins remboursées. La boucle est bouclée pour ces familles... Finalement, rien n'a changé depuis des siècles : les plus pauvres sont les plus pénalisés et c'est vrai à l'échelle mondiale !

Ou bien c'est une question de temps : opter pour les circuits courts, les producteurs locaux, les produits de saisons, le bio, le zéro déchets, ça demande du temps et une bonne organisation dans nos vies quotidiennes qui s'emballent toujours plus... Et le bio, c'est tout de même un peu plus cher, quoi qu'on en dise, même si ce n'est pas toujours vrais sur certains produits. Alors oui, ce ne sera pas simple de mettre un grand coup de pied dans le système vraiment moche des fermes usines... Mais pas simple ne veut pas dire impossible ! Heureusement, il y a de beaux exemples aussi dans ces images. Que j'ai accueilli avec soulagement : on se sent moins seule et moins utopiste.

 

 

Collectivement, nous pouvons terrasser ces monstres modernes, par nos choix d'alimentations, de consommation, de distribution de la nourriture. Si plus personne ne mange de nuggets de poulets, on verra sans doute disparaître les élevages de poulets en batterie. Et personne n'a un besoin physiologique de nuggets !

Si nous décidons de manger moins de viande mais mieux, en allant directement chez l'éleveur (et il y sera gagnant également !), les monstres feront déjà moins les malins. Si nous refusons certains produits dont nous n'avons pas besoin et qui sont couteux pour nos finances comme pour l'environnement (comme, au hasard, le Nutella - voilà, c'est dit !) parce qu'on nous a dépossédé de nos savoir-faire. Alors, l'agro-alimentaire n'en mènerait pas large.

Certes il faut un peu plus de temps pour faire sa pâte à tartiner au chocolat soi-même et on peut même pousser le vice jusqu'à choisir des produits bios équitables pour la réaliser. Et c'est là que ça dysfonctionne : dans nos vies, nous courront souvent partout et c'est bien plus simple d'acheter un bocal tout fait. Et puis les produits équitables, c'est vrai que c'est plus cher et on ne peut pas tous y accéder. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Du coup, l'agro-alimentaire a encore de beaux jours devant elle et les monstres, beaucoup d'appétit... Moi-même je n'ai qu'une partie de solution, mais pas toutes : je fais ma part, en bonne conscience et en confiance pour l'avenir. Mais je sais que c'est une globalité de système qu'il faut réinventer, dont notre rapport à l'alimentation, au temps, au travail, au bonheur, à la richesse. Si ces équations sont simples individuellement, elles sont excessivement complexes à l'échelle mondiale. Et c'est sans compter l'indécrottable nature humaine avide et vénale, hantée par le pouvoir et l'argent. Car qui détient l'eau, la capacité de nourrir les autres, détient le pouvoir et en fera ce qu'il veut pour avilir ses congénères.

 

Cela prendra du temps, peut-être même plusieurs générations avant que ces lieux d'horreur ne disparaissent. Mais ils disparaîtront parce qu'ils sont des aberrations ! Et parce que vous êtes de plus en plus nombreux à refuser de vous laisser empoisonner sans broncher et que nous sommes de plus en plus volontaires pour vous apporter d'autres choix de consommation.

 

Et du temps, nous en avons peu avant que notre planète nous fasse payer très cher notre irrespect et nos folies. On nous dit, pour ne prendre que l'exemple du maraîchage, que le bio ne peut pas nourrir la planète du fait de ses méthodes pas assez productives. Qu'à cela ne tienne, démultiplions les surfaces et les savoir-faires dédiés au bio et cessons de réclamer des fraises en hiver ! Contrairement aux ouvriers des fermes usines qui refusent de manger ce qu'ils produisent, je peux vous assurer que je me nourris sans problème de mes légumes et même uniquement d'eux ! 

La nature fait les choses bien. La collaboration avec l'Homme a été une réussite pendant des milliers d'années. Si on revoyait un peu tout ça ? Nous ne sommes qu'un élément d'un grand tout et non les maîtres du monde...

 

 

 

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